La mode s’ouvre progressivement aux rondes ?

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Il faut être honnête, les portes de la mode n’ont jamais réellement été accessibles aux rondes. Si ce n’était pas Jean-Paul Gaultier qui faisait défiler Marquita Pring ou Beth Dito à l’épooooque, les mannequins plus size étaient majoritairement ignorées des catwalks.

A l’époque, elles avaient créée leur propre fashion week spéciale rondes (il faut bien commencer quelque part) mais, cette année, les femmes avec des formes poussent peu à peu les portes de quelques grandes maisons et font leur apparition sur les podiums.

Ras le bol d’être marginalisées, elles ont poussé un coup de gueule justifié sur les réseaux sociaux pour dénoncer le marché de la mode (qui reste peu représentatif des femmes qu’on voit au quotidien). Nous les avons bien entendues soutenues par milliers car : IL ÉTAIT TEMPS !

C’est par le biais du Instagram de Ashley Graham (que j’adoooore) que j’ai vraiment commencé à m’intéresser à une communauté qui n’était pas visible jusque là, et dont je ne me posais même pas de question.

Ashley Graham Instagram

Philomena Kwao, Marquita Pring, Iskra Lawrence et tant d’autres mannequins brisent cette vague sur laquelle a surfé le culte de la maigreur depuis toujours.

Philomena Kwao Instagram

Philomena Kwao Instagram

(vu sur le Fashion MAg) : Pour Lynne Webber, directrice opérationnelle de la marque Marina Rinaldi, qui propose des modèles « plus-size » (taille 40 et plus), les réseaux sociaux offrent « une voie de communication beaucoup plus démocratique et ont donné de la visibilité à plus de types de femmes ».

Au Royaume-Uni, quelque 57 % des femmes sont en surpoids et aux Etats-Unis, la proportion atteint 63 %, d’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé. La taille moyenne d’une Américaine se situe entre 46 et 48. En France, selon une étude de l’Institut français du textile et de l’habillement (IFTH), ce sont près de 45 % des Françaises qui porteraient une taille 44 et plus.

Marquita Pring Instagram

Avec ses cinq millions d’abonnés sur Instagram, Ashley Graham est aujourd’hui l’égérie de tant d’enseignes et a même créée sa marque de maillots de bains et de lingeries nommée Addition Elle. Elle était présente à quasi tous les défilés de la semaine de la mode de New York et c’était beau à voir.

Lors de la Fashion Week à New York pour le défilé de sa collection de lingerie Addition Elle.

Si elle savoure ce succès avec beaucoup d’assurance mais de fragilité aussi (on l’a voit être émue aux larmes à plusieurs reprises lorsqu’elle aborde les sujets de poids et de la bataille que les femmes vivent au quotidien), elle n’hésite tout de même pas à faire une remarque assez surprenant tant elle est criante de vérité :

« I know I’m on this pedestal because of white privilege. To not see black or Latina women as famous in my industry is crazy! I have to talk about it. I want to give those women kudos because they are the ones who paved the way for me.” – Ashley Graham

En Français : « Je sais que je suis sur ce piédestal à cause des privilèges blancs. Ne pas voir les femmes noires ou latines aussi célèbres dans mon industrie fou ! Je dois en parler. Je veux donner à ces femmes le crédit qui leur est dû car ce sont celles qui ont ouvert la voie pour moi. » – Ashley Graham

Je l’aimais déjà pour son aura… Mais là !!!! Comment ne pas rajouter une couche d’amour bien beurrée !

Même son gars est sexy à mort ! Oups je m'éloigne du sujet (en plus c'est son mari il me semble)

Même son gars est sexy à mort ! Oups je m’éloigne du sujet (en plus c’est son mari il me semble)

Elle est belle, sincère, sensible, simple bref the whole package et n’hésite pas à mettre en lumière les autres femmes rondes de sa vie (son entourage, les autres mannequins etc..). Elle entend utiliser sa célébrité pour lutter contre le diktat de la mode qui impose des standards inatteignables pour la plupart des femmes. Elle demande également (systématiquement aux enseignes) de ne pas retoucher ses photos. Ainsi, on la voit, dans le plein de ses rondeurs avec de la cellulite apparente (que nous avons toutes) et, pour être sincère je pense en avoir plus qu’elle !

Sa consœur Iskra Lawrence partage également la même vision (que nous toutes je crois). « Les formes ne sont pas des défauts. Ce sont des parties de notre corps. Nous avons simplement été convaincus par la société et les médias que c’était un problème ».

Quelques invitées représentatives à l’honneur.

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Un chemin encore long ?

Je crois oui. Quand je pense que la femme la plus désirée au monde à l’époque des années 50 était Mrs Marilyn Monroe et qu’elle faisait une taille 42, (mais franchement quand je vois ses photos je me dis que c’était 42 de l’époque mais peut-être 38 d’aujourd’hui), bref, je me demande à quels moments les standards ont encore changés. (Vous me direz, ça change tout le temps).

Marilyn Monroe

Si aux Etats-Unis, Ashley Graham avec sa taille 48 est devenue, ces deux dernières années, quasiment l’égale des mannequins superstars telles Kendall Jenner ou Gigi Hadid et malgré toutes les Une, qu’elle fait à l’international ainsi que les défilés qu’elle ouvre ou ferme, elle reste tout de même une des rares à être vu sur les podiums et les couv de magazines. Cependant, ses campagnes de sensibilisation fonctionnent vraiment pas mal et, on espère (du moins moi), que le chemin puisse faire de cette exception, une norme dans un futur (proche).

Long way to go….

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